ESPACE MUSEOGRAPHIQUE / CHIOULEBEN

Tous les mercredis en juillet et août de 10h à 12h une visite s’impose à l’abri de la pinasse « Chouleben ». Circulez et visitez ce parcours ludique autour du patrimoine marin boucalais. La belle et élégante « sauvagine » bateau d’intérêt patrimonial, a été conçue et réalisée à Chiouleben où siège désormais l’espace muséographique jouxtant l’atelier.

Un peu d’histoire maritime ancienne

pinasse boucalaise

Au XIV siècle, Vieux-Boucau, simple quartier de Messanges composé de quelques cabanes, dont le toponyme de l’époque est « Le Plecq », voit soudainement surgir l’Adour, fleuve capricieux qui longeait les dunes à partir de Bayonne pour rejoindre jusqu’alors l’océan à Capbreton. En effet, la conjugaison de pluies diluviennes, d’inondations et de fortes tempêtes amène l’Adour à dépasser Capbreton pour se jeter plus au nord dans le golfe de Gascogne, au Plecq, qui devient ainsi la nouvelle embouchure de ce fleuve en formant une immense rade, de surcroît bien protégée.

vieux-BOUCAU LA VIEILLE EMBOUCHURE

Avant-port maritime de Bayonne et port fluvial, le Plecq, dénommé aussi Boucau de l’Adour, puis Port d’Albret sous le règne de la famille du même nom, prend un essor remarquable jusqu’en 1578 où, par la volonté des hommes et la pugnacité d’un ingénieur, Louis de Foix, le cours de l’Adour est détourné et son embouchure ramenée définitivement non loin de Bayonne, au Boucau.

Pourtant, malgré l’ensablement progressif de sa rade, le Plecq, devenu le Vieux-Boucau (la vieille embouchure), continue à avoir une activité maritime de commerce et militaire assez importante. Pour preuve, en 1630, sous Louis XIII, il pouvait encore recevoir des vaisseaux de ligne et les habitants du « havre de Vieux-Boucau » armeront une vingtaine de grandes pinasses de mer pour participer, aux ordres de Richelieu, au siège de La Rochelle… et obtenir du roi, en retour, des franchises municipales, en récompense des services rendus par ses marins.

Cependant, au fil des décennies, Vieux-Boucau va voir son activité maritime progressivement décliner avec son port qui s’ensable définitivement. Malgré cela, le port de Vieux-boucau figurera dans l’ « Atlas des ports de France » jusqu’à l’édition de 1881…

VERS UNE ACTIVITE DE Pêche cotiere

pinasse pecheurs vieux-boucau 1

Toutefois, bâtie au plus près de la côte, la bourgade de Vieux Boucau bénéficiait d’une ouverture protégée sur l’océan avec le débouché du courant de Soustons qui offrait un abri pour des embarcations plus modestes. C’est ainsi que, dès la deuxième moitié du XIX siècle, en plus d’une activité traditionnelle liée à la transformation du liège, à l’exploitation de la forêt et de la vigne, elle va connaître une activité artisanale de pêche côtière.

Au cours du dernier siècle, les marins de Vieux-Boucau armeront 21 pinasses dont quatre navigueront simultanément, témoignage de la vitalité de la pêche côtière.

Malheureusement en raison de la raréfaction du poisson et du manque de disponibilité des équipages, cette activité va décliner et la dernière pinasse ancrée à Vieux-Boucau, la Boucalaise III, terminera sa vie échouée aux abords du courant en 1975.

Rédacteurs : Michel Laboille-Moresmau et Henri Mazeres Crédit photos : Léo Dassé